Compétitions et Rubans – Partie 1

Qu’est ce qu’une compétition d’alpaga ?

La compétition d’alpaga (souvent appelé « Show d’alpaga »  ou encore « jugement d’alpagas » par les éleveurs) est une compétition qui permet de comparer les animaux de plusieurs éleveurs.  Un juge professionnel, et souvent international, juge chaque classe et décerne des rubans aux 4 premières places, soit aux 4 alpagas qu’il préfère dans le groupe.  Le juge doit accorder 60% de la note à la fibre et 40% à la conformation.  En réalité, il n’y a pas de note officielle accordée alors chaque juge peut valoriser un trait plus qu’un autre…  La qualité du juge reviendra à sa capacité d’évaluer conformément à ce 60-40.

Il existe 3 types de compétitions:

En licou (Halter class)

La compétition en licou, au Canada, peut avoir lieu de fin octobre à avril car la fibre de l’animal est jugée directement sur son dos.  L’animal entre donc dans l’enclos de compétition en licous avec son maître et le juge passe d’un animal à l’autre afin de les évaluer.  Dans une telle compétition, aucune substitution n’est possible : on lit la micropuce de chaque animal et on vérifie que ce numéro correspond avec le certificat de l’animal enregistré dans la compétition.  Les juges sont entraînés à identifier les animaux dont le poil de garde aurait été coupé ou une autre altération à sa fibre aurait été faite.  De plus, le juge arrache une très petite mèche de fibre pour évaluer la finesse et les poils de garde : personne ne serait assez fou pour « épiler » son alpaga de tous les poils de garde !  La compétition en licous est donc la compétition la plus fiable au point de vue des résultats.

 

Compétition de fibre

Pour la compétition de fibre, seule la fibre de la dernière tonte de l’animal est évaluée.  On envoi le sac de fibre contenant la toison (« le blanket ») et le juge évalue les fibres soumises sans la présence de l’éleveur ou de l’animal.  Pour un éleveur qui ne désire pas déplacer son animal mais souhaiterait avoir une évaluation de la qualité de la fibre de son animal, c’est la solution idéale.  Pour cette compétition, on se fie à l’honnêteté de l’éleveur pour l’exactitude des informations fournies.

Compétition composite

Le composite est un mélange entre les 2 autres formes de compétitions et c’est la forme de compétition qui se tiendra durant l’été au Canada.  L’animal entre en licous dans l’arène et son maître arrive avec le sac de laine de la dernière tonte.  Le juge évalue ainsi la conformation de l’animal et la qualité de sa fibre séparément.

Inconvénients des différentes formes de compétition

Un premier bémol

Dans la compétition de fibre ou la compétition composite, rien ne permet de prouver de quel animal la fibre provient ni à quel âge elle a été prise.  Bien que la règle de la compétition soit la dernière tonte, il ne serait pas impossible pour un éleveur d’envoyer la fibre tondue 2 ans auparavant, faisant ainsi compétitionner une fibre d’un animal de 2 ans avec des fibres d’animaux de 3 ans par exemple.  De plus, la fibre pourrait venir d’un tout autre animal de même couleur.  Je ne dis pas que c’est ce qui se fait, mais la porte est grande ouverte pour de telles substitutions.

Un deuxième bémol

Un éleveur peut passer des heures à nettoyer la toison et à y enlever absolument tout les poils de garde ou encore les taches de couleur différente.  Un animal ayant du poil de garde pourrait donc se classer à un rang supérieur grâce au travail acharné de l’éleveur.  Et fait complètement ridicule, dans les concours de fibre,  des points sont alloués pour la propreté de la toison !!!!  En gros, si vous voulez compétitionner dans des concours de fibre, soit que vous passez beaucoup de temps sur la toison ou vous compétitionnez contre des gens qui l’ont probablement fait.

Un troisième bémol

Plusieurs points sont alloués au poids de tonte.  Or, les tondeurs professionnels savent prendre un blanket très large et complet au moment de la tonte.  Lorsque vous faites votre propre tonte, vous n’aurez peut-être pas ce talent.  Alors dans un concours de fibre, il y a aussi, en quelque sorte, des points pour la qualité de la tonte.  C’est certain que la densité joue pour énormément dans le poids de tonte, mais à densité égale, la tonte professionnelle produira un plus gros sac pour la compétition.

Les Classes

Chaque concours est divisé en classes selon le sexe, l’âge et la couleur de l’alpaga.  En général, les classes comptent un maximum de 13 alpagas. Une classe de plus de 10 alpagas est considérée comme une grosse classe.  De par la distribution de couleur dans le troupeau national d’alpagas, les classes de couleurs pâles sont toujours plus grosses que les couleurs foncées.  De plus, puisque nous n’amenons pas les femelles enceintes et que les femelles sont mises enceintes par certains éleveurs à 1 an, et par d’autres à 2 ans, les classes de femelles plus vieilles qu’un an sont plus petites et de plus de 2 ans sont soit inexistantes ou encore très petites.
Il n’y a aucun minimum d’alpagas nécessaire pour qu’une classe existe dans une compétition.  Il est donc possible de voir des classe de 1, 2, 3 ou 4 alpagas.  Dans tous ces cas, les rubans seront attribués jusqu’au 4e rang.  Il est donc totalement possible d’avoir un ruban de première place… dans une classe de 1!!!  Ou encore une 3e place dans une classe de 3…
Les alpagas peuvent participer à la compétition à partir de l’âge de 6 mois.  Voici la répartition des classes selon les règles de compétition d’Alpaga Canada :
  1. On divise par catégorie de fibre : Huacaya et Suri
  2. Ensuite on divise par sexe : Mâle et femelle
  3. Ensuite par âge :
    • Juniors (souvent appelés juvéniles) : 6 mois à moins de 12 mois
    • Un an : de 12 mois à moins de 24 mois
    • 2 ans : de 24 mois à moins de 36 mois
    • Adultes : 36 mois et plus
  4. Enfin par couleur :
    • Blanc
    • Pâles (inclus beige et fauve pâle)
    • Fauves (inclus fauve moyen et foncé)
    • Bruns (inclus brun pâle, moyen et foncé)
    • Noir (inclus noir et « bay black »)
    • Gris (inclus gris argent et « Rose Grey »)
    • Multi
Un nom de classe aura donc la forme suivante :  « Femelles huacaya d’un an  fauves »

Le Futurité

La majorité des compétitions sont ouvertes à tous les alpagas.  Par contre, il existe aussi une formule utilisée pour certaines compétitions dites « Futurité ».  Dans ces compétitions, certains règles d’éligibilité doivent être respectés pour y compétitionner.  Le Futurité a pour but de comparer entre eux les rejetons des meilleurs mâles reproducteurs.  Pour déterminer qui sont ces meilleurs mâles reproducteurs, une procédure standard est établie et se déroule comme suit :
  1. Les propriétaires de mâles reproducteurs inscrivent leur mâle dans une vente aux enchères de saillies
  2. La vente aux enchères a lieu et tous les mâles ayant obtenu une enchère d’au moins 1000$ sont qualifiés pour le Futurité (l’argent va à l’organisation du Futurité et à la remise de prix lors de la compétition)
  3. Si un mâle n’obtient pas l’enchère minimale, le propriétaire du mâle peut décider de payer lui-même le 1000$ pour inscrire son mâle dans la liste des mâles qualifiés
  4. Les rejetons des mâles qualifiés âgés entre 6 mois et 24 mois peuvent compétitionner dans la compétition ayant lieu environ 6 mois après la vente aux enchères.
  5. Les rejetons issus des saillies vendues dans la vente aux enchères sont éligibles pour le futurité 2 ans plus tard, même si le mâle n’est pas qualifié à ce Futurité.
Donc, de par sa formulation, il est évident qu’un Futurité compte généralement moins d’alpagas.  Par contre, il compte aussi moins de classe.

Un premier bémol

Ce ne sont pas tous les bons mâles qui se retrouvent qualifiés car le propriétaire du mâle doit prendre la décision d’inscrire son mâle.  Si ce propriétaire ne compte pas présenter d’alpagas en compétition, il pourrait ne pas inscrire son mâle, excluant ainsi de la compétition certains bons alpagas qui auraient pu être présentés par d’autres éleveurs.  Aussi, un éleveur qui désire contrôler la génétique de son mâle pourrait ne pas vouloir offrir une saillie dans la vente aux enchères et donc exclure tous ses rejetons de la compétition.

Un deuxième bémol

Ce ne sont pas que les meilleurs mâles qui se retrouvent en compétition.  Comme l’éleveur a la seule décision de mettre son mâle dans la vente aux enchères et qu’aucune sélection n’est effectuée par un comité de sélection, rien n’empêche les éleveurs d’inscrire un mâle bas de gamme.  Un tel mâle pourrait même obtenir une enchère simplement parce qu’il est près de chez un éleveur et qu’il n’est pas cher.  OK, dans la majorité des cas, ils n’en obtiendront pas, mais l’éleveur peut tout de même payer pour inscrire son mâle.  J’ai même déjà été contactée par une éleveuse qui désirait que je mise 1000$ sur son mâle afin qu’elle me le paye pour éviter que ça paraisse qu’elle avait payé l’inscription de son mâle…  Si elle a osé me contacter, elle a du en contacter d’autres avant et après moi.
Le but du Futurité étant de promouvoir les meilleurs mâles au pays, on peut en conclure que ce n’est pas une façon de faire sans faille…  Il existe des lacunes dans la formule futurité qui ne peuvent être réglées puisque chaque éleveur a la liberté de faire ce qu’il veut avec ses animaux, et c’est bien normal.  L’important c’est de bien comprendre la façon dont un Futurité fonctionne afin de pouvoir en relativiser les résultats.  Certains Futurités sont plus relevés que bien des compétitions ouvertes à tous…

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