Enregistrements : Comprendre le Breed-Up program du CLAA

Qu’est-ce que le Breed-Up Program ?

Le registre canadien prévoit la possibilité d’ajouter une nouvelle génétique dans le registre par un processus appelé Breed-Up Program (BUP)  ou Programme d’amélioration de la race.  Ce programme prévoit qu’un nouvel alpaga dont les parents ne sont pas enregistrés au registre canadien peut être enregistré comme un animal 0% pur, c’est ce qu’on appelle un alpaga inscrit.  Ses informations sont donc enregistrées, mais l’animal ne détient aucun « droit » réservé aux animaux enregistrés tel que de participer à des compétitions sanctionnées par l’association nationale Alpaga Canada.

Ces animaux considérés 0% pur peuvent ensuite être utilisés dans un programme d’accouplement avec des animaux canadiens (100% pure race) et produire des rejetons.  Cette première génération de crias pourra être enregistrée au registre canadien, mais uniquement à 50% pur.  Le certificat a alors un contour rouge au lieu de bleu (pour les anciens certificats, le certificat complet est bleu au lieu de jaune), ce qui vous indique que l’animal n’est pas considéré pure race selon le registre canadien.

Lorsqu’un alpaga 50% pur est lui-même accouplé à un animal 100% pur, le nouveau cria pourra être enregistré comme 75% pur.  La génération suivante sera 87,5% pur, la suivante 93,75% et enfin, la cinquième génération pourra porter le qualificatif de pure race à nouveau (100% pur).  Il faudra donc 5 générations avant de revenir au statut de pure race.

Un animal à pourcentage, qu’est-ce que ça implique?

CLAA 50pc nouveau

Nouveau certificat 50%

Dès que l’animal atteint 50% de pureté de race, il peut alors participer aux compétitions dans les événements sanctionnés par Alpaga Canada (AC).  Un animal 50% ou plus a donc tous les droits et avantages d’un animal pure race (mis à part la couleur de son certificat!).  Pour l’année 2014, Alpaca Canada prévoyait permettre aux organisateurs de compétition d’accepter des animaux 0% nés au Canada.  Cette directive ne se voulait pas obligatoire, ce qui voulait dire que les animaux 0% nés au Canada auraient pu participer dans certaines compétitions et être refusés dans d’autres.  Cette directive a malheureusement été retirée pour 2014 et rien n’a encore été annoncé pour 2015, mais les rumeurs disent que cette directive entrera en fonction bientôt.

 

 

CLAA 50pc ancien

Ancien certificat 50%

Le seul inconvénient qu’avait, jusqu’au moi de mai 2010, un animal à pourcentage (50%+) était que s’il était accouplé à un animal autre que 100% pur, le rejeton redevenait 0%.   Par contre, en mai 2010, est entré en vigueur une décision de l’ACÉLA (CLAA) qui donne au cria issu d’un accouplement entre alpagas non pure-races, le pourcentage de pureté le plus faible de ses parents.  Donc un 50% avec un 75% donnerait un 50%.

Et avec la nouvelle règle d’AC pour les compétitions, les animaux à pourcentage (50%+) pourraient possiblement être accouplés avec des 0%, le cria serait inscrit (et non « enregistré ») au registre comme 0% mais pourrait tout de même compétitionner parce que né au Canada.

Comme le BUP est peu connu et en constante évolution, la majorité des éleveurs ne sont toujours pas au courant de ces nouvelles informations et certains se montrent réticents à avoir des animaux à pourcentage.  En réalité, il n’y a plus beaucoup d’inconvénients à avoir et accoupler des animaux à pourcentage entre eux.

CLAA 100pc nouveau

Nouveau certificat pure-race (100%)

Nous croyons donc que le BUP est un excellent compromis pour avoir l’opportunité de varier et d’améliorer sa génétique avec une génétique importée.

Donc, bientôt, seuls les animaux nouvellement importés dans le registre ne pourront pas être présentés en compétition. Nous avons maintenant l’opportunité d’importer de nouvelles lignées et de les croiser entre elles rapidement (plus besoin d’attendre 5 générations) afin de tenter de créer l’alpaga parfait !

Inconvénients du programme

CLAA 100pc ancien

Ancien certificat pure race (100%)

Le BUP contient naturellement ses failles.  La plus grosse étant qu’aucun contrôle n’est effectué sur la qualité et la pureté des animaux importés.  Il serait tout à fait possible pour un éleveur d’aller au Pérou et d’en ramener un ½ lama-½ alpaga et de l’inscrire au registre en tant que 0%.  L’animal importé n’a aucunement besoin d’être reconnu dans un registre ailleurs dans le monde.  Le contrôle de la qualité de ces animaux revient donc uniquement à ceux qui font le choix de les utiliser.  Naturellement, la majorité des éleveurs mettent le paquet pour aller chercher les plus beaux alpagas qui soient.  Mais n’en reste pas moins que le registre n’a aucune protection pour éviter que des animaux de moindre qualité viennent « contaminer » la génétique canadienne.

Engouement actuel pour le programme

En 2008, l’ACÉLA a procédé à un vote sur la reconnaissance de registres étrangers, ce qui aurait permis d’enregistrer au Canada des animaux qui seraient déjà enregistrés ailleurs dans le monde.  Ce vote a été rejeté par les membres de l’association.  Vers 2011, ce vote a été relancé et la motion a passé.  Or, après vérification avec le Ministère de l’agriculture, les lois canadiennes nous interdisent de reconnaître le registre américain (ARI).  Puisque beaucoup d’animaux canadiens sont double enregistrement ARI/CLAA, mais presqu’aucun sont australiens, néo-zélandais ou encore anglais, la reconnaissance de registre perd grandement de sa valeur.  Il ne reste donc que le BUP pour nous permettre d’aller chercher de la génétique ARI afin de produire de nouveaux croisements avec nos alpagas doubles.  Il y avait, en 2012, déjà 40 alpagas enregistrés 0% au Canada.  Ils étaient principalement situés dans l’Ouest Canadien (Alberta en grande majorité).  De 2012 à 2014, près de 400 alpagas ont été enregistrés en tant que « alpaga à pourcentage » (50% à 93.75%).

Solution pour nous les éleveurs ?

Un fait est que nous commençons lentement à manquer de nouvelle génétique au Canada.  Les plus gros mâles qui ont été importés originellement ont été sur-utilisés et nous retrouvons maintenant leur génétique dans presque tous nos troupeaux : Victor’s Vaccoyo, Coyo Destiny, NGG Lionel, Alpamayo, Ivano…  Qui n’a pas ces lignées dans son troupeau?  Nous avons besoin de nouvelle génétique totalement non-reliée afin de faire progresser la qualité de nos troupeaux sans entrer dans la consanguinité.    Comment pouvons-nous profiter de cette nouvelle génétique qui est présentement importée par des éleveurs que nous ne connaissons généralement pas?  Comment ne pas se faire avoir avec des problèmes ancestraux qui reviendraient nous hanter ou une génétique de lama qui reviendrait en force à la prochaine génération?

Eh bien, c’est exactement pour cette raison que la majorité des nouveaux alpagas sont importés des États-Unis et sont enregistrés dans le registre américain.  Le registre américain ne compte pas de « porte de sortie » comme le breed-up program canadien.  Aux USA, tu es Américain ou tu n’es rien… Donc, les animaux détenant leur certificat ARI sont des animaux descendants des premiers alpagas importés en Amérique du Nord qui ont été scrupuleusement analysés selon des critères de sélection très sévères.

En important ainsi des alpagas américains et en les croisant avec des alpagas double enregistrement au Canada, le cria résultant garde son statut de pure race aux États-Unis et obtient un statut 50% au Canada.  Dans cette optique, le statut de 50% pur n’a plus tellement d’impact et représente plutôt une question de bureaucratie car un autre certificat prouve la pureté de race de l’animal.

Alors pourrions-nous faire la même chose avec des animaux australiens ou anglais?  Malheureusement non…  Combien comptez-vous de femelles qui détiennent l’enregistrement australien ou anglais dans votre troupeau?  Aucune…  Et les animaux australien et anglais n’ont pas l’enregistrement américain.  Il serait donc impossible de garder un statut de pure race dans au moins un registre.  Le cria deviendrait donc 50% pur au Canada et n’aurait aucun autre certificat.  L’investissement qu’impliqueraient l’achat et le transport de l’animal ainsi que les procédures d’importations et la quarantaine ne seraient pas justifiés pour obtenir des animaux uniquement canadiens, et non pure race en plus!

Conclusion

Donc, dans la situation actuelle, les éleveurs qui sont le plus avantagés à utiliser le BUP sont les éleveurs de double enregistrement.  Un animal à pourcentage de pureté ne perdra pas de sa valeur, en autant qu’il conserve son certificat américain confirmant sa pureté.

Dernière révision : 23 mars 2015

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